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Forum éco-habitat

Forum éco-habitat 2016Tous les deux ans, le Parc naturel organise un forum éco-habitat unique en son genre. Cette année 2016, une nouvelle édition abordera la thématique de la rénovation énergétique. Il se déroule les 5 et 6 novembre 2016 à la Bergerie Nationale de Rambouillet.

Télécharger le programme

Je participerai à ce forum dans l’espace Echanges “entre particuliers” le dimanche après-midi. Si vous êtes dans la région, n’hésitez pas à venir écouter, voir, discuter !

Reconstruction passive écologique, une belle réalisation

Lors du congrès Passi’bat 2016, nous avons assisté à une présentation très intéressante d’une reconstruction écologique en maison passive. Présentée comme une rénovation, c’est plutôt une reconstruction, car elle inclut une forte extension et n’a pas gardé suffisamment l’existant pour prétendre à l’appellation rénovation. Le taux de TVA appliqué est ainsi de 20%, et non de 5,5% ou 10%.

N’empêche, l’essentiel du béton a été gardé, l’impact environnemental est bien plus faible qu’une construction neuve, le coût est inférieur, et la performance obtenue est remarquable. L’isolation extérieure en paille, l’utilisation de fenêtres SmartWin montre que l’on peut construire des logements de grande qualité, sans piller la planète tout en gardant des coûts raisonnables. Cette maison reconstruite est ainsi certifiée passive comme une maison neuve, avec de la marge !

Reconstruction passive exemplaire

La démarche à faible teneur technologique “low tech”, promesse d’un maintien du faible besoin en ressources pendant longtemps est exemplaire. Et bien d’autres aspects sont remarquables dans cette réalisation, notamment un travail d’équipe qui fait plaisir à voir.

Cette équipe m’a autorisé à publier le support de la conférence. Vous n’aurez pas toutes les explications obtenues lors du congrès Passi’bat 2016, mais regardez bien ce projet exemplaire : rénovation passive d’une habitation conventionnelle des années 80 !

2 ans

Voilà deux ans que nous avons déménagé, dans une maison qui n’était pas encore passive.
Baie vitrée

Déménagement difficile sous la neige, les menuiseries venaient d’être posées et la plomberie juste terminée, au lendemain d’un test d’étanchéité à l’air porteur d’espoir.

Quelques mois de vie sous une bâche en guise de toit avant la métamorphose du printemps puis la maison est devenue techniquement passive en mai 2011. Certifiée un an plus tard, elle reste à ce jour la seule maison individuelle rénovée certifiée passive en France. Elle est aussi, paradoxalement puisque c’est une rénovation, une des maisons les plus étanches de France.

Et la suite ? Il reste beaucoup à faire : le jardin va être entièrement refait et l’intérieur est au point mort par manque de ressources. Il reste même des détails de chantier à régler.

Le bilan au bout de deux étés et presque deux hivers ? La consommation est très faible, conforme aux calculs : 6000 kWh pour l’année (rappel : c’est une maison toute électrique). Le confort est certain : très faible sensibilité aux écarts de température extérieure, tant pour les grands froids que pour les fortes chaleurs, qualité de l’air, silence. Le vécu est catégorique : la maison passive, ça marche !

Quand la conviction l'emporte sur les habitudes

C’est en Autriche, pays complètement engagé vers la rénovation passive. Et un monument historique célèbre de Graz, impossible à “passiver” selon le standard du PHI. Parce que s’ils avaient pu le rendre passif, ils l’auraient fait. Voici donc un exemple de rénovation énergétique qui fera école dans l’éternel débat entre aspect patrimonial à conserver et performance énergétique nécessaire.

Les contraintes esthétiques ont empêché l’obtention d’une enveloppe très efficace. Il a donc fallu compenser par des énergies renouvelables, de nombreux capteurs solaires et de belles optimisations. Cet exemple montre que quand la conviction est profonde et solide, elle emporte bien des idées reçues et bouscule beaucoup d’obstacles !

Rappel : rénover un bâtiment historique au standard passif est parfois possible, même en France : http://www.lemoniteur.fr/181-innovation-chantiers/article/solutions-techniques/18128894-prouesse-thermique-dans-un-batiment-historique

Nettoyage extérieur et tri

La saison est propice au “nettoyage de printemps”. Comme pour beaucoup, c’est l’occasion de remettre l’extérieur de la maison en ordre. Mais après un chantier, c’est une tâche particulière qui est en cours : effacer les traces du chantier pour retrouver un jardin qui ressemble à autre chose que l’annexe de la déchèterie. A dire vrai, ce n’est pas pour tout de suite…

Déchèterie localeUn des stockages, orienté métaux et plastiques, en attente.

Ceux qui suivent le projet depuis le début se souviendront que la démolition puis la rénovation ont fait l’objet d’une gestion des déchets assez serrée : ils devaient être triés et traités au mieux : réutilisation, revalorisation ou évacuation pour recyclage. La mise à la poubelle simple (qui part à l’incinérateur) est réservée aux cas désespérés.

La plupart des anciennes tuiles ont trouvé deux nouveaux toits, les gravats propres (béton et pierres) ont été évacués dans une benne destinée au terrassement, les métaux sont réutilisés ou recyclés, le bois est réutilisé ou recyclé, etc.

Cabane PSE enfantsExemple typique de réutilisation locale des restes des blocs d’isolant, volontairement gardés pour réutilisation… :-)

Les artisans ne sont pas tous au même niveau dans le traitement des déchets de chantier, certains utilisent encore des méthodes du 20e siècle (tout à la benne). Il a donc été préféré un stockage local si aucune solution correcte n’était proposée. Résultat : des tonnes de déchets stockés sur le terrain.

Bois en attenteTas de bois en attente de tri. Il est utilisé pour divers travaux, jeux et montages.

Petits gravats des maçons, clous et vis des charpentiers, bouts de zinc des couvreurs, morceaux de mousse PU des façadiers, les petits déchets sont nombreux et bien incrustés dans la terre. Les gros déchets sont triés, parfois en séparant des parties différentes (le béton collé sur du bois doit être séparé) avant d’être évacué vers la déchèterie locale, heureusement proche et bien tenue.

Ce tri fin est très long et pose souvent la question de la gestion des déchets sur les chantiers propres du futur. Même si on voit des progrès sur certains chantiers (avec un grand écart entre la volonté déclarée et la réalité du terrain), la quantité des déchets qui partent à la poubelle ou restent dans le sol est une trace évidente d’une maitrise insuffisante de ce sujet par les professionnels du bâtiment.

Certification en route, les chiffres arrivent

Le dossier de certification Maison Passive est maintenant entre les mains du certificateur français. Il est complet et précis, surtout si on le compare à celui déposé pour la demande de certification BBC Rénovation que nous avons fait l’année dernière. Il repose sur le construit réel et les appareils effectivement utilisés. Ce projet ayant été abondamment médiatisé, visité, et contrôlé par plus de 2000 photos, il reste très peu de place pour l’incertitude…

Outil central de ce projet, le PHPP est la feuille de calcul qui récapitule les besoins énergétiques et qui permet de vérifier que le bâtiment répond bien au standard de la maison passive. Solares Bauen vient donc de communiquer la dernière version de ce calcul.

Rappel : le PHPP donne de vraies valeurs et la consommation réelle est généralement légerement moindre que celle calculée. Il est donc aussi bien un outil de conception qu’un outil de prévision. Cela parait logique, mais ce n’est pas le cas des outils réglementaires utilisés par la RT2012 (ou BBC RT 2005) qui ne peuvent servir raisonnablement à la conception puisqu’ils ne peuvent prévoir les consommations réelles…

Deux surprises dans ce PHPP, une bonne et une mauvaise. La bonne, c’est que le besoin de chauffage est vraiment faible, bien aidé par une excellente étanchéité à l’air. Cela correspond bien au ressenti actuel.

Vérification PHPP2007

La mauvaise, c’est le besoin en énergie primaire, qui s’approche de la limite. Et grâce au PHPP, vous avez immédiatement l’explication : Besoins énergétiques

Sans surprise, le chauffage électrique par effet joule (les sèches-serviettes électriques des salles de bains) pénalise le bilan en énergie primaire. Ceci explique les réticences du PassivHaus Institute concernant ce mode de chauffage basique et gourmand. Mais ça passe, vus les très faibles besoins de chauffage de la maison.

Le vrai coupable pas vraiment attendu, c’est le chauffage de l’eau. Il demande plus que le chauffage de toute la maison ! En cause, les déperditions importantes dans le circuit de distribution d’eau chaude, telle que calculées dans le PHPP. Dans le calcul, les pertes dans ce circuit doublent l’énergie demandée pour chauffer l’eau, tout simplement. Cela annule (ou valide) le surdimensionnement des capteurs solaires qui n’apportent finalement que la moitié de l’énergie nécessaire au chauffage de l’eau.

La réalité devrait être plus verte : les longueurs de tuyau et même leurs diamètres sont moindres que celles présents dans le calcul, l’isolation des tuyaux a été soignée (quand ils ne sont pas enfouis dans 20 cm de mousse de polyuréthane), les déperditions réelles devraient être sensiblement diminués.

N’empêche : le PHPP a bien identifié le point faible du bilan énergétique et, en plus, le rend facilement accessible. Voilà qui pourrait orienter une amélioration future et servir de leçon aux futurs rénovateurs. Car ces déperditions sont dus à l’éloignement du ballon, placé au sous-sol au même endroit que l’ancien. C’est un exemple typique des contraintes de la rénovation !

Portes ouvertes 2011 : affluence à la maison

Portes Ouvertes laMP 2011Plus de cinquante personnes sont venues voir la maison, poser des questions et comprendre ce qu’est une maison passive, même en rénovation et pas terminée à l’intérieur. Les menuiseries et les vitrages, les choix plus ou moins écologiques sur les matériaux, la ventilation double flux, l’isolation et les coûts (et l’éventuelle rentabilité) ont fait l’objet de nombreuses discussions.

Du particulier à l’architecte, en passant par quelques professionnels du bâtiment, certains très impliqués dans des projets en cours ou à venir (pas toujours en passif), les visiteurs avaient des intérêts très divers. Dans les 4 groupes, certains sont venus de loin, d’autres en voisins. Des enfants en ont aussi bien profité ! :-)

Clin d’oeil particulier à Brian Fuentes, visiteur du samedi, pionnier du passif aux USA !

Pour les plus motivés, nous pourrons nous retrouver à Passi’bat.

Excellente étanchéité à l'air

Le dernier test d’étanchéité à l’air, celui qui sert de base à la certification, vient de se finir. Le test précédent avait donné un très bon résultat. Les finitions sont venus doubler l’étanchéité à l’air. Le dernier résultat peut être qualifié d’excellent : 0,1 vol/h pour le test n50 (50 pascals). Dans le détail : 0,13 vol/h en dépression, 0,14 vol/h en surpression. Avec une extrapolation pour le Q4 (la norme pour le BBC) à 0,02 m3/(m2h) !

Graphe test étanchéité

Fluctuation test étanchéité n50Les mesures n’ont pas été faciles, car les appareils ne sont pas prévus pour des bâtiments aussi étanches. Les débits sont très faibles (puisqu’il n’y a presque pas de fuite), les fluctuations sont donc importantes. Il a fallu toute l’expérience de Manexi pour arriver à sortir des mesures. Inutile de préciser que nous avons vite abandonné toute idée de recherche de fuites…

La maison est plus étanche que la plupart des maisons neuves, même passives. Le résultat est d’autant plus étonnant que c’est une rénovation. Comment aboutir à un tel résultat ?

  • la conception : nous savions que l’étanchéité serait une difficulté majeure. Les décisions ont été prises pour la renforcer,
  • le toit est neuf. SACET a fait un excellent travail pour le rendre totalement étanche,
  • les menuiseries sont de qualité et bien posées. Les menuiseries André et SACET prouvent encore une fois leur maîtrise de l’étanchéité à l’air.
  • l’ancien enduit extérieur était étanche. Nous avions rebouché les trous et refusé que la pose de l’isolation extérieure occasionne de nouvelles fuites : pas de pose chevillée, mais une pose collée. La colle a renforcé l’étanchéité, en établissant par endroit une double barrière.
  • l’isolation du sous-sol en mousse de polyuréthane projetée a considérablement renforcé l’étanchéité du sous-sol, qui était médiocre. Même si l’état fini n’est pas esthétiquement correct, la fonction d’étanchéité est assurée.

La démonstration est ainsi faite : il est possible d’obtenir une maison très étanche après une rénovation lourde.

Raccord isolant-menuiserie, détail passif

La suppression des ponts thermiques est la règle dans la construction passive, en rénovation comme en neuf. Les menuiseries certifiées passives sont conçues pour éviter les ponts thermiques, mais il faut parfaitement les raccorder à l’isolant pour les annuler complètement. Le détail de pose est important : le dormant des menuiseries doit disparaître dans l’isolation, ne laissant visible que l’ouvrant (ou l’équivalent pour les châssis fixes).

Raccord isolant imposte Raccord de l’isolation avec l’impose (châssis fixe) : l’aluminium disparaît sous le compribande, la fibre de bois du dormant se retrouve sous 30 cm de PSE.

Raccord isolation porte Raccord de l’isolation avec la porte d’entrée : le bois sert de support au compribande, le dormant disparait entièrement sous l’isolant.

Raccord blocs PSE porte Les blocs de polystyrène expansé graphité suppriment efficacement le pont thermique. La précision de pose est plus de l’ordre du millimètre que du centimètre.

Isolation extérieure, sensation intérieure

Un des rares avantages d’habiter une maison en cours de rénovation, c’est de ressentir les changements au fur et à mesure de leur arrivée. Si le toit et les menuiseries étaient en place au moment du déménagement, l’isolation extérieure n’était pas commencée.

L’équipe d’Ecovalis a commencé par le pignon est, puis la façade sud. Le pignon ouest est presque recouvert et la façade nord est pour la semaine prochaine.

Isolation extérieure coin nord ouest

Cette progression transforme le confort intérieur de la maison. L’isolation extérieure supprime des ponts thermiques, annule les points froids et donc rend la température plus homogène. Les pièces isolées deviennent plus chaleureuses sans devenir plus chaudes. Mais puisque l’isolation n’est pas terminée, cela dépend des pièces. C’est une sensation difficile à décrire, mais elle permet de ressentir le confort apporté par une bonne isolation, sans explication ni calcul.

Par analogie avec la décoration qui peut rendre une pièce visuellement plus grande, l’isolation soignée rend les pièces thermiquement plus grandes. L’appui de fenêtre de la cuisine, qui était à température extérieure est maintenant à température intérieure, le café du matin est bien plus agréable…

Appui fenêtre cuisine

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